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  • Cécile Cain

La peine en flots

Et pardon.

Pardon de n'être que moi,

Et non celle à laquelle je crois,

La parfaite moi,

Celle que tu n'attendais pas.


Seigneur, toi qui sais la source du torrent,

La peine en clapots qui me noie,

De mon pardon tu n'en veux pas,

Tu ne veux que de moi,

Celle qui était depuis ta source de joie.


Mais Seigneur, j'ai la peine en travers,

J'avais construit un radeau, un canot,

Tu sais que le bois s'est fracassé sur le rocher,

Mais tu sais que j'ai navigué, voulu naviguer,

Et brisée sur la rive, tu me souffles la vie encore.


Ah oui je lutte, et peste et maugrée,

Contre celui qui me fait un abri,

Un refuge en attendant, en attendant.

C'est car je ne suis que moi,

Et rien de l'aventurier que je voudrais qu'il voie.


Pardon de n'être que moi,

Et presque rien, presque rien tu vois,

De ces riens qui manquent lorsqu'ils s'en vont,

De ces riens qui ne comptent pas pour rien,

Et toi qui aime ceux qui aiment les miettes, tu sais.


Pardon des radeaux que je construirai encore,

Pour aller où tu ne me demandes pas,

Pour faire croire, et à toi et à moi,

Que je suis le parfait moi,

Que tu ne veux pas que je sois.


L'imparfait qui se conjugue malgré moi,

C'est de là que viendra l'ivresse,

Celle qui fait tomber sur les chemins,

Et trouver les mains secourables,

Qui diront "Viens, et repose, repose-toi".





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